La fragrance d'un homme aimé mais jamais caressé.


J'aurais aimé te construire un monde, plus beau, meilleur. Ou le temps n'aurait pas d'influence. J'aurais voulu te dédier une symphonie, en écrire une aurait été un bon début. Pour que les notes expriment ce que mes mots ne peuvent te dire. J'aurais voulu être différente, pour te plaire d'avantage. Et surtout, j'aurais aimé, effacer cette distance entre nous. Cette distance, la seule chose qui fait qu'entre nous, tout s'effondre. L'unique obstacle en fait. Insurmontable pourtant. La raison pour laquelle mon coeur me fait mal, affreusement mal. Mais vraiment mal, un mal physique. Je ne pleure pas, je souffre. J'ai une boule au ventre, qui remplace les papillons que tu y avais mis. La gorge emplie de larmes, qui ne veulent pourtant plus couler. Peut être mon corps me fait-il comprendre que rien n'est dramatique. C'est différent de toute mes peines précédentes. Parce que je sais, à quel point tu as raison. Tu m'as fais grandir, tu m'as fais comprendre qu'un monde d'illusions, c'est beau mais on ne peut s'en contenter. Qu'il faut, toucher, sentir, caresser, effleurer, pour aimer. Pour s'aimer, sans limite, sans contraintes. Sans retenue. Tu m'aime moins fort qu'elle, mais pourtant plus fort qu'une autre. Et je vais m'y faire, comme tout. Le début est rude, et puis la suite arrive. Au fond, je t'avoue, je ne sais pas ce qui me rend si amorphe. Si c'est le fait, de cette pseudo-rupture, sans pour autant couper les liens. Ou bien, si ce n'est qu'une blessure égoïste, dans le sens ou c'est le fait de savoir que ce n'est plus moi qui ferait ton bonheur mais elle. Je t'avais dis, que tu trouverais mieux, bien mieux. Toi, têtu tu répétais que non. Pourtant il faut se rendre à l'évidence. Elle semble plus.. resplendissante, douce, sensible, délurée et délirante. Douée pour tout. Une torturée, comme toi. Comme nous. J'ai la tête qui bouillonne et pourtant aucune idée ne fleurit à l'intérieur. Après avoir écris, je relis chaque ligne, parce que tu sais comme je déteste qu'on pèse mal ces mots. J'ai supprimer déjà 8 phrases. Qui ne se doivent pas d'être là. D'être lues. Tu sais, tout me parait fade en fait. Tout. Les gens, leur humour, moins décadent que le tien, moins subtil, leurs sourires agaçants qui se veulent compatissants. Leur façon de parler, oui, leurs mots, sans âme, sans aucun sens. Leurs regards ahuris, ou pleins de questions, moins perçants que le tien, moins communicatif. Les lieux, toujours trop sombres, trop encombrés. Le temps, trop froid, trop venteux. Pas comme il faut. Oui voilà, rien ne va plus. Je ne me contente plus de rien. Sauf de toi. C'est ahurissant ce que j'écris et pourtant. Ils sont si peu désormais à me faire rire, à me comprendre. Ya comme un mur, entre moi et les autres. Une muraille, que je veux infranchissable, une sorte de filtre à parasites. Je m'égare. Je ne sais plus quelle était mon idée quand j'ai commencer à taper, certainement le but de faire un point. De ranger mes idées, dans l'ordre. Je voudrais que tu me promettes une chose. Que Pirogue, ne soit pas réemployé. Pas avec elle, ni avec une autre d'ailleurs. Parce que je veux malgré tout conserver, notre code, à nous. Être la seule à comprendre, que nous soyons les seuls a nous comprendre. Je ne désire pas que cela devienne votre terme. Qu'il reste le notre à jamais. Comme une marque de moi dans ta vie, une trace de mon passage. Subtile et qui fait sourire gentiment quand on y repense. Voilà, c'est tout. Et oui, on est fous. Fous fous fous, incroyablement incompréhensibles. Et pourtant tu vois, on se comprend à merveille. Magie ? Oui, un peu.


Photo de Montmartre (par moi).

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