Sens of humour

Il faudrait qu'on pense à parler. Parce que de toute manière tu es toujours dans mon crâne miteux. Parlons. Baisons, je sais pas. Mais partageons un truc. Pour qu'ensuite tu m'écrases une bonne fois pour toutes et qu'au moins j'ai une raison de me plaindre. Tu penses pas qu'il faudrait que ton souvenir me laisse vivre? 


L'arrêt s'affiche. Je lis Poitiers. Prochain arrêt Poitiers? Serais-je partie si loin? Dans ma tête seulement... Poitiers, la nuit devient jour au dehors de la baie vitrée, le soleil éclate sur nos joues rougies par l'hiver prénatal. Poitiers je t'imagine, resplendissante, en été je t'aperçois. Comme tu es belle, majestueuse vue de l'intérieur de ce bus miteux. Comme ton image passe doucement sous mon microscope de la nuit. Comme je t'aime soudain. Plus belle que Paris, apte à donner l'hiver et seulement l'hiver sale. L'hiver et ses charges. Comme c'est triste sans toi Poitiers sous le coup du bus. Les gens sont beaux, souriants, bronzés par tes soleils puissants. Soudain je vois Pottier. Le nom change tout, la réalité m'apparaît, comme c'est décevant, ce bus toujours miteux, froid, emplit de gens qui puent, et qui parlent une langue horrible à l'oreille. C'est insoutenable ce paysage dégoulinant sous les roues de l'autocar, croulant sous mes yeux inquisiteurs. Comment j'écris? Les secousses de ta profonde aridité font trembler mon poignet. Impossible de penser, Poitiers sans toi, juste la réalité du 93. Toutes ces maisons semblables, et toutes ces fenêtres d'immeubles aussi. Incurable maladie de la pauvreté, maladie tenace et irrégulière. Comme je te hais, toi et tes nuits inquiétantes, ennemies. Oh! Poitiers, mon amour plein de chaleur dans ma poitrine depuis ton arrivée. Tes lumières opales, au creux des ruelles chaudes et des arbres. Tes nuits douces et sensuelles, qui prennaient un fou plaisir a me carresser. Toi et ton charme; bienheureux et enjoué. Ce ne sont plus des femmes, non uniquement des plumes, virevoltant au fil du vent de l'été qui s'achemine.

Hello Sunshine.

La vie avance suit son cours. Je suis à la fac, je n'ai plus le temps d'écrire tant je lis et je disserte.
Les lettres sont réellement ce que je devais faire, je me retrouve dans cette conception du monde, dans ces personnalités que je rencontre, ces professeurs. 



La vie est belle, parfois moins. On a sans doute traversé une "zone de turbulence" mais je pense que ça va mieux. Je ne sais pas pourquoi je viens de nouveau écrire ici. Ça ne sert à rien, autant écrire dans mon carnet vert qui m'attend sagement sur le bureau.
En Octobre ? LES KOOKS ! 




J'avance, j'écris. 9 pages déjà. 
Ma vie ressemble à un recueil de poèmes..

Oui, aujourd'hui j'ai écris des poèmes à la craie sur le pont Mirabeau...






"Je fixais des vertiges."

Heart on fire. Head on fire. Body's burning.



Magique. Orgasmique. Idyllique.
Sexy. Et j'en passe. 
Cette voix...

Il m'en aurait fallu un peu plus mon amour pour cesser de t'aimer vraiment, il m'aurait fallu les joues rouges, mais je n'ai garder que la tête trop haute, surmontant peines et remords sans trahir cette faille, cette entaille dévorante que tu avais déposée en moi. Je n'ai voulu voir que le meilleur. Et je finis toujours par t'aimer de nouveau, plus violemment.

Ces moments me font me sentir vivante plus que jamais



LES WOMBATS DÉCHIRENT ! Un concert de diiiiiiiiingue ! 


Une enfant à haut potentiel intellectuel.





Je pensais que ça ne comptais plus. Mais j'ai écouté ce morceau et j'ai eu le ventre en vrac.
Je pense à ça, à lui, à cet unique baiser. Et ça a chamboulé mon coeur de penser à ce fantôme.


Un été, une chaleur, lui. Une nuit, moite et embrumée.
Une brasier, un baiser, un râle. Nous, l'instant d'un instant. 


K.







Les bouches inutiles.


Je nais, je vis, je ris, je mens, comme je respire, je finis par mourir.

Tout était illogique et désirable. Rien n'allait dans notre sens, même pas la nuit qui nous englobait. Nous étions là à attendre le départ. Le ciel était ébène et je mourrais de peur. Mes doigts gelés faisaient parvenir ma cigarette incandescente jusque ma bouche. Tout s'intensifiait sous nos pieds, nos chaussures étaient dégoulinantes. La pluie s'acharnait elle aussi à vouloir nous faire disparaitre. Mais déjà tu ne me regardais plus. Tu semblais lointain, trop pour que quiconque puisse te parvenir. Tu fixais d'un air distrait le panneau d'affichage sur le quai voisin. Je continuais de scruter ton visage, la moindre parcelle de ta peau apparente. Ce visage de marbre, aux traits glorieux et enfantins. Le désir qui montait en moi était inconnu, incohérent, et effrayant de par sa puissance. Je voulais ton corps, ton souffle, tes mains, tes gémissements, tes cris et tes rires. Je te voulais tout entier. Mais elle était là, cette femme à l'allure féline. Elle s'agrippait à ton bras comme un parasite, sachant la chance qu'elle avait de pouvoir être celle là. Cette autre, que je ne voulais pas connaitre, cette silhouette désirable, féminine et mystérieuse. Ses longs cheveux blonds étaient humides, bouclés par le vent froid de ce mois de Février. Elle était resplendissante, cela m'apparaissait comme l'évidence du siècle. Je n'étais rien du tout, à m'enfoncer dans ce béton gris. Mes pieds marchaient dans l'inverse de tes pas. J'aurais voulu la tuer, malade de jalousie. J'avais si longtemps attendu dans l'ombre de ton sourire, dans la tritesse et l'indifférence avant que tu m'adresse un regard vide de toute émotion. J'ai tremblé de ressentir tant de choses pour un simple regard. Un coup d'oeil offert sans doutes par erreur. Et il s'est annoncé ce gris lundi, loin de toi, se confondant au dimanche soir que nous vivions encore. Les week-ends ne sont que trop courts tu sais. Le départ n'attendait que moi, et moi je ne rejetais que lui. Je sentais la couleur de l'amour se confondre jusque dans mes cheveux. Et je savais que tu serais le poison de mes nuits, dévorant mon sommeil et rongeant mon imagination.. 

Tu étais toujours planté là, l'air lointain, fumant ta cigarette. La fumée opaque qui s'en dégageait masquait ton visage. J'ai finis par observer le ciel, éblouie par l'intensité des réverbères alors que je ne cherchais que les étoiles. Je pensais à mon père, comme à chaque fois que je regarde les étoiles. Cette lumière m'éblouissait, j'ai finis par capituler, je n'avais pas la force de lutter aussi contre la lumière. Et tu m'as regardée, pleinement cette fois ci. D'un air étonné, nouveau et grandiose de simplicité. J'ai vu le profil de ton regard bleu nuit se tourné vers moi et suivre le mouvement de ma tête. Je ressentais tout plus fort, les palpitations dans mon cou et ma nuque me faisaient de plus en plus mal, mais je ne pouvais consciemment détourné le regard de ce que j'avais envié. Je ne souhaitais que toi, mais tu ne voyais qu'elle, tu ne jurais que par son prénom qui encore ce soir m'écorche les lèvres. Je t'ai attendu déraisonnablement, les mains gelées par le froid, ma cigarette incandescante qui virevoltait nerveusement jusque ma bouche. Pour simplement t'apperçevoir plus longtemps avant que le train ne m'arrache loin de toi. J'ai repoussé ce gouffre, jusqu'à ce que la fin m'aspire. J'étais dans un état curieux, je ne jouais plus et c'était troublant d'être face à moi. Ce rien néfaste et inexistant que je représentais, je ne rivalisais pas. Ou plutôt je ne rivalisais plus. Mon esprit devenait fou de toute cette peine à venir, et mon corps fatigué de lutter contre le sens de l'amour. Voilà ce que je craignais qui se profilait à l'horizon, ton ombre me défie, ton parfum dans l'immensité de la gare. Tu semblais m'observer de si haut que même la lune t'accompagnait. En excluant la pression qui entourait mon coeur d'une impression d'intemporalité hors du commun, en excluant cela, et les non dits, et les hauts murs qui ne laissent pas passer les visages et les voix, il y'avait encore des souvenirs. Délicats et fascinant d'interdit. 

Mais l'homme derrière la vitre pleine de poussière annonce déjà d'une voix grésillante la fermeture des portes. Je me hisse loin de toi, morte de peur. Je sais qu'elle jubile, de ne t'avoir que pour elle. Et je sais que tu oubliras vite que je suis partie. Nos regards s'échouent l'un dans l'autre une dernière fois, et il me semble entrevoir l'envers de ta personne, toute ta globalité. Je perçois ce qu'elle peine à ne pas deviner. Je reste fascinée à ne pouvoir rien faire contre ton corps qui reste immobile sur le quai et mon ravisseur qui déjà roule crescendo vers Paris. Une simple larme synonyme de toute la nostalgie qui m'envahie, roule sur ma joue gauche. Je sais que pour le moment, le temps s'est stoppé sur la platforme de la gare. 

Je vis, loin de toi, je ne joue plus à mentir, je respire et je meurs d'asphyxie.


Mon amoureux je pars, je pars...







Au fil de l'aquarelle, j'écris mes déchirures intensément colorées. Mon esprit est fou de toute cette douleur, et mon corps fatigué de lutter contre le sens de l'amour. Voilà ce que je craignais se profile à l'horizon, ton ombre défile, ton parfum dans cette salle de cinéma. Ton souvenir me suit sans relâche, dans tous les lieux ou je vis. Je bois, j'essaie d'oublier ce manque. Je me saoule, pour oublier coups de reins, coups de couteaux. En vain, j'empli mon ventre creux de ce poison exquis. Je peine, à ne plus deviner ton visage sous ces litres de boissons. Même dans un état second je vis ton souffle, je respire la nostalgie de ces moments... Même abrutie, ivre morte, échouée sur une trottoir, dans un caniveau, sur un balcon ou dans le lit d'un parfait inconnu, je pense à toi. Jour et nuit, à me rendre malade, à me rendre dingue. L'amour me ronge, il me dévore. Je parviens même à rêver de toi, aucun répit donc. Mon seul espoir d'évasion et d'oublie réduit à néant, me voilà obligée d'affronter mes fantômes, de t'affronter toi. 

J'ai craché sur ton indifférence, et sur tes pompes aussi.





Regarder la pluie s'écouler sur la vitre embuée. Tes mains toujours plus froides et ton souffle rapide. Ton rire envahissant la pièce, ma bulle, le monde, dans ses moindres recoins. Sentir que le monde s'écroule sous mes pieds, mais te regarder encore plus fort. Savourer chacun de tes mots, ta voix suave, chantante. Écouter le frissonnement de ta peau. Fermer les yeux, te revoir sourire. M'assoir sur le sol, et regarder le ciel illuminé, le ciel brouillé de lumières vives et de traces de pluie. Rester attentive au grondement du tonnerre, ce grondement comme une plainte, un cri solitaire échoué en plein ciel. Lancer le CD de Ben Harper. Et rêver